Pour tout savoir sur les infections transmissibles sexuellement


Les infections transmissibles sexuellement, ou ITS, constituent un groupe d'infections qui peuvent toutes se communiquer au cours d'un contact sexuel. ITS est le terme maintenant utilisé à la place de MTS (maladies transmissibles sexuellement).

Il n'est pas nécessaire d'avoir des rapports sexuels pour contracter les infections transmissibles sexuellement, mais elles se propagent le plus couramment par le biais de l'activité sexuelle. Les infections sont provoquées par différents organismes et présentent une large gamme de symptômes.

Voici certaines des ITS les plus communes :

  • la chlamydiose ou infection à Chlamydia touche moins les jeunes hommes que les jeunes filles, le plus souvent à l'âge de l'adolescence ou de jeunes adultes. Elle est causée par la bactérie Chlamydia trachomatis. C'est l'ITS la plus courante au Canada ;
  • la gonorrhée est une infection imputable à la bactérie Neisseria gonorrhœæ. Elle se classe au 2e rang des ITS les plus courantes, et presque 50 % de tous les cas signalés atteignent les adolescents et les jeunes adultes. Si cette affection n'est pas traitée, elle peut mener à la stérilité tant masculine que féminine ;
  • les verrues génitales doivent leur apparition au papillomavirus ou VPH. Il s'agit également d'une ITS très répandue au Canada, en particulier parmi les adolescents et les jeunes adultes. La recherche a montré que le virus qui cause les verrues génitales est également associé au cancer du col de l'utérus ;
  • la syphilis est une infection bactérienne dont l'incidence est moins élevée, mais qui reste un sujet de préoccupation. Son incidence a baissé de façon significative au cours des dernières décennies jusqu'à la fin des années 1990, après quoi elle a augmenté de façon constante au Canada ;
  • le virus de l'immunodéficience humaine ou VIH infecte diverses cellules et peut mener au sida (le syndrome d'immunodéficience acquise). Ce virus attaque les cellules du système immunitaire, et laisse une personne sans défense contre de nombreuses infections et leurs complications ;
  • l'hépatite B est provoquée par un virus qui infecte le foie. Il n'existe pas de traitement curatif de cette affection, mais un vaccin est disponible pour vous protéger contre le virus ;
  • l'herpès génital, qui produit des lésions du type de l'herpès labial, est aussi provoqué par un virus. Lorsque le virus de l'herpès a pénètre l'organisme, il y reste présent à vie. Les symptômes de l'infection peuvent se produire sans avertissement ;
  • le chancre mou - une infection bactérienne des organes génitaux - était autrefois rare en Amérique du Nord, mais est devenu plus fréquent ces dernières années. Il peut causer des ulcérations génitales ;
  • une infestation de la région génitale par des morpions ou poux du pubis (de minuscules insectes sans ailes).

 

Causes
Les ITS sont habituellement causées par des bactéries ou des virus.Les risques de les contracter sont plus grands dans les circonstances ci-après :

  • des déchirures au préservatif au cours d'un rapport sexuel ;
  • l'ITS de votre partenaire sexuel ;
  • les rapports sexuels de votre partenaire avec d'autres personnes ;
  • des relations sexuelles non protégées.

Dans certains cas - comme une infection par le VIH ou l'hépatite B - les virus peuvent aussi se propager par du sang infecté ou des aiguilles et seringues qui ont été empruntées pour l'injection de drogues, un perçage corporel ou des tatouages. Les femmes peuvent transmettre certaines infections (par ex. celles par le VIH) à leur bébé avant ou pendant l'accouchement ou par l'allaitement maternel.
Les verrues génitales causées par le VPH peuvent apparaître pendant la grossesse à la suite de changements hormonaux.

 

Symptômes et Complications
De nombreuses personnes atteintes d'ITS peuvent ne présenter aucun symptôme évident. Il peut donc se passer du temps avant qu'elles ne cherchent à obtenir des soins, ce qui augmente les risques de problèmes de santé ou de complications liés aux ITS ainsi que la possibilité de propager l'ITS aux partenaires.
De nombreux symptômes peuvent évoquer une ITS, bien que chaque infection ait des symptômes spécifiques :

  • des démangeaisons dans la région génitale ou anale ;
  • une douleur pelvienne non associée aux menstruations ;
  • des douleurs pendant les rapports sexuels ;
  • un écoulement du pénis ou du rectum ;
  • un écoulement vaginal supérieur à la normale ;
  • des émissions de l'urine douloureuses ou plus fréquentes ;
  • de la fièvre, des maux de tête, une sensation de malaise général ;
  • un gonflement des glandes au niveau de l'aine ;
  • des plaies ou des éruptions sur les régions génitales ou anales, et parfois aussi dans la bouche.

Dans le cas de la syphilis, des lésions appelées chancres apparaissent souvent environ 3 semaines après l'exposition. On en trouve habituellement au moins une à l'emplacement de l'infection initiale. Sans traitement, cette première phase de la syphilis dure 3 à 6 semaines. Une éruption plus généralisée peut suivre 3 à 6 semaines après l'apparition du chancre. C'est ainsi que s'amorce le stade secondaire de la syphilis. Les personnes atteintes de la syphilis peuvent aussi présenter des douleurs musculaires, un gonflement des ganglions lymphatiques, ainsi que des verrues planes pendant cette phase. La syphilis peut également entraîner une inflammation oculaire, provoquant une vision floue. Au cours du stade secondaire, les symptômes peuvent être d'abord intermittents pendant 1 à 2 ans, puis disparaître. Environ un tiers des personnes touchées verront la maladie évoluer au stade tertiaire caractérisé par un endommagement du cerveau, du cœur, du système nerveux, des os, des articulations, des yeux et d'autres parties de l'organisme.

L'hépatite B peut provoquer de nombreux symptômes, dont une baisse de l'appétit (associée à des nausées et des vomissements), la jaunisse, l'intensification de la coloration de l'urine et des douleurs musculaires et articulaires. Ces symptômes sont des signes d'inflammation et de lésions du foie.

L'herpès génital produit un picotement dans les parties génitales. Des lésions apparaissent sur les parties génitales de l'homme et de la femme et autour de celles-ci, sur l'anus, les cuisses, les fesses et la bouche.

Le chancre mou est une infection bactérienne de la région génitale. Des lésions, souvent bordées de rouge, se forment 4 à 7 jours après l'exposition à la bactérie. Bien que cette infection soit plus commune dans les régions tropicales, il est possible de la contracter ailleurs. Les antibiotiques traitent normalement cette infection en 2 semaines.

Il est possible de transmettre les poux du pubis d'une personne à l'autre sans contact sexuel (par ex. en utilisant les draps, les serviettes ou les vêtements d'une autre personne). Toutefois, le contact sexuel peut transférer les œufs ou les morpions d'une personne à l'autre. Parmi les symptômes, on retrouve les démangeaisons de la région génitale. Il est parfois aussi possible de voir les morpions (de petits insectes bruns de la taille d'une tête d'épingle) ou leurs œufs (ovales et blanchâtres) dans les poils pubiens. Si vous trouvez des morpions, lavez vos vêtements et votre literie à l'eau chaude et consultez votre médecin ou un pharmacien pour savoir par quels moyens vous pouvez traiter le problème. Il existe des shampooings et des produits de rinçage médicamenteux disponibles sans ordonnance pour traiter les poux du pubis.

 

De graves complications sont associées à de nombreuses ITS :

  • l'affaiblissement du système immunitaire imputable au VIH constitue un facteur de risque de nombreuses infections différentes ;
  • le chancre mou rend une personne plus sensible à l'infection par le VIH lorsqu'elle est exposée au virus ;
  • un grave endommagement des yeux, des os, du cœur, du cerveau et du système nerveux central durant les stades avancés de la syphilis laissée sans traitement ;
  • l'hépatite B peut mener à des lésions à long terme du foie et à un risque plus élevé de développer un cancer du foie ;
  • une infection herpétique évolutive vers la fin de la grossesse nécessite un accouchement par césarienne pour éviter la propagation de l'infection au bébé ;
  • des infections oculaires pour les nouveau-nés ayant été en contact avec la bactérie pendant l'accouchement par voie vaginale d'une mère atteinte de gonorrhée ou d'une infection à Chlamydia ;
  • la propagation de la gonorrhée, en l'absence de traitement, par le biais de la circulation sanguine vers les articulations et les valves cardiaques ;
  • la stérilité, des complications au cours de la grossesse ou un risque plus élevé de cancer du col de l'utérus pour les femmes.

 

Diagnostic
Si vous remarquez certains des symptômes décrits dans cet article, ou si vous craignez avoir une affection transmissible sexuellement, un examen médical est nécessaire afin d'établir le diagnostic et le meilleur traitement de l'ITS concernée. Votre médecin vous posera des questions sur vos symptômes et il vous fera subir un examen physique. Pour faciliter son diagnostic d'ITS, il pourra demander des analyses sanguines, des tests d'urine et faire un prélèvement de la région génitale à l'aide d'un coton-tige qui sera envoyé au laboratoire pour y être analysé.

Il est conseillé aux personnes sexuellement actives - en particulier celles qui ont des partenaires multiples - de faire effectuer régulièrement des examens par leur médecin de famille. Dans certains cas, aucun symptôme évident ne se manifeste et les infections à l'origine des ITS ne peuvent être détectées qu'au cours de tests de dépistage effectués régulièrement.

Traitement et Prévention
On peut utiliser les antibiotiques pour traiter les infections bactériennes à l'origine de la gonorrhée, de la syphilis ou du chancre mou. La gonorrhée survient souvent en même temps qu'une infection à Chlamydia, si bien que les médecins prescrivent habituellement des antibiotiques qui conviennent au traitement de ces deux infections.

Dans le cas d'une hépatite B aiguë, le traitement ne vise habituellement que les symptômes. Et la plupart des adultes se débarrassent tout seuls du virus. Cependant, pour ceux qui ne le font pas, il existe un traitement qui prévient les lésions à long terme du foie.

Il n'existe pas de traitement curatif du VIH, mais l'évolution de la maladie peut être ralentie par des associations d'antiviraux. Le traitement peut varier d'une personne à une autre et sera adapté à la réponse du patient. Les médecins traitent aussi les infections secondaires dues à un système immunitaire affaibli.

N'hésitez pas à demander à de nouveaux partenaires sexuels s'ils sont atteints d'une ITS, ou de leur dévoiler que vous en avez une. Afin d'éviter la propagation des ITS, les personnes sexuellement actives qui ont des partenaires multiples peuvent régulièrement demander à leur médecin de pratiquer des examens de dépistage qui lui permettront de les traiter au plus vite.

 

Pour prévenir les ITS, vous devriez :

  • approfondir vos connaissances concernant les ITS. Plus vous en saurez sur les ITS, mieux vous pourrez vous protéger contre elles. Parlez-en à votre médecin ou à un pharmacien, et cherchez les ressources disponibles dans votre communauté ;
  • éviter les rapports sexuels sans protection ; utiliser sans faillir un préservatif masculin ou féminin et apprendre à les employer comme il faut pour vous prévaloir d'une protection optimale contre les ITS ;
  • éviter d'utiliser des aiguilles mises en commun, non stériles, pour injecter des drogues, effectuer un perçage corporel ou des tatouages ;
  • prendre régulièrement rendez-vous chez votre médecin pour des examens de dépistage des ITS.

 

*Source

 


13 octobre 2016