Comprendre ce qu’on mange


Selon la nutritionniste Jacynthe Lafrenière, il faut que les gens comprennent davantage les nutriments afin de venir à bout du cholestérol, du diabète et des maladies cardiovasculaires.

«On met l’accent sur des aliments comme tels, mais ça pourrait être beaucoup plus intéressant de prendre en considération la qualité globale de l’aliment», croit la nutritionniste.

Pour que la population de l’Outaouais soit plus en santé, il faudrait qu’elle comprenne davantage ce qu’elle mange et ce dont elle a besoin. «Selon moi, le problème c’est qu’on met beaucoup l’accent sur des aliments en particulier. On va dire que le yaourt c’est bon pour la santé, pis qu’on peut en manger tout le temps. Mais si j’en mange trop par rapport à mes besoins, ce n’est pas bon.»

Une grosse partie de l’équation passe par l’éducation. En effet, peu de gens savent lire l’étiquette au verso d’un paquet. Protéines, glucides et gras ne sont que des mots et la signification de leurs dosages est un mystère.


Une publicité trompeuse

Emballage blanc très sobre et pictogrammes d’une grande forêt : vous avez repéré votre boîte de céréales santés-granolas préférée. Mais au-delà de son air de fraîcheur, que contient-elle réellement?

«On arrive à l’épicerie et beaucoup de produits vont s’afficher comme «riches en fibres», «faibles en gras», etc. On se dit que l’aliment est bon donc on en achète et on en mange plus.» Selon Jacynthe, plusieurs études montrent qu’une tranche de la population est très influencée par l’étiquetage, qui les motive à en acheter plus.

«Quand je parle d’étiquette avec les gens, je leur dis que l’emballage est conçu pour attirer leur attention, mais qu’en lisant la liste des ingrédients ils vont pouvoir se faire une idée. Plus la liste est longue, moins c’est bon. Il faut s’assurer que les aliments de base sont les premiers en haut de la liste.»

Jacynthe cite quelques exemples de produits où la publicité est particulièrement à surveiller : les barres tendres qui contiennent beaucoup de sucre, les céréales en général, les jus, etc.  

Selon la jeune femme, les jus ont particulièrement attiré la controverse cette année. Tellement, que Santé canada a revu sa politique quant aux nombres de portions de fruits à travers les jus. «Si on prend un jus 100% d’orange comme Tropicana, il n’y a pas de sucre ajouté là-dedans. Mais la portion d’une orange en terme de calories c’est ½ tasse de jus. Si je me dis que je vais avoir un litre de jus d’orange pour avoir mes portions de fruits, il y a un problème. Également, dans le jus d’orange, il n’y a pas de fibres comparativement à une orange donc c’est moins rassasiant.»


Pas de profil typique

La majorité de la clientèle qui se présente chez les nutritionnistes a un problème de diabète, de cholestérol ou une maladie cardiovasculaire.

«Beaucoup de gens vont devenir intéressés lorsque leur médecin leur dit qu’il y a un problème au niveau de leur profil sanguin», confie Jacynthe. Toutefois, chaque situation doit être abordée de façon singulière.  

Le diabète constitue le trouble qui nécessite le plus d’attention.

«Ça va perturber énormément l’alimentation. À chaque repas, les choix qu’on fait et les quantités vont influencer directement notre taux de sucre.» Pour les diabétiques, l’important est de réduire l’apport en sucre concentré en allant chercher davantage de fibres et de grains entiers comme avec la céréale d’avoine, de l’orge, du quinoa, etc.

Pour ce qui est du cholestérol et des maladies cardiovasculaires, les changements qui doivent être apportés se ressemblent en raison de la liaison des deux maladies au niveau des vaisseaux sanguins. «Notre modèle le plus étudié c’est la diète méditerranéenne, où il y a une propension à avoir davantage d’oméga 3 comme du poisson. On vise le deux à trois par semaine, réduire l’apport en viande rouge, augmenter les protéines végétales (noix, légumineuses).

Si certains ont simplement besoin de petits conseils pour y arriver, le problème est plus complexe pour d’autres. « Certains hommes arrivent à la soixantaine et ils se rendent compte qu’ils ont des changements à faire, mais ils ne savent pas par où commencer. Toutefois, j’ai aussi vu des gens qui étaient actifs qui n’avaient pas de mauvaises habitudes, mais qui avaient des antécédents familiaux.»

Une chose est certaine : celui qui est prêt à mettre l’effort dans l’amélioration de sa santé verra des résultats assez rapidement.

«Pour ce qui est du diabète, les gens ont un glucomètre qui leur donne un résultat immédiat. Parfois, juste de changer quelques repas, on va voir une différence au niveau du taux de sucre dans le sang. Mais pour voir de véritables changements, il faut attendre quelques mois. Pour le cholestérol, on le dose environ une fois par année donc c’est moins rapide pour voir des résultats.»

 

*Source


01 novembre 2016



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